Automobile : comment le véhicule d’occasion commence sa mue vers l’électrique
Tous les feux sont au vert, autant que l’énergie qu’elle promeut. Peu à peu, la voiture électrique conquière le cœur des Français. Et le conflit au Moyen-Orient n’aura fait que précipiter le mouvement : au mois d’août, elle représentait 38,8 % de part de marché sur le segment des voitures particulières (+ 111 % par rapport à août 2025). Au total, le parc roulant a franchi le cap des 2 millions de quatre roues 100% électriques ! Autres signes tangents, les catalogues des constructeurs proposent de plus en plus de véhicules abordables (autour de 25 000 euros), les modes de financements comme la location longue durée se diversifient, tout comme augmente le nombre de bornes (200 000) et la durée de stockage des batteries. Enfin, même le marché de l’occasion, longtemps rétif, s’ouvre enfin aux voitures zéro émission. Dans ce contexte euphorique, le Mondial de l’automobile à Paris (du 12 au 18 octobre), proposera une flopée inégalée de nouveautés. Indiscutablement, 2026, marque un tournant historique, celui du couronnement de la watture.
La rentrée aura apporté son lot de bonnes nouvelles pour le marché de l’occasion. Depuis le 1er septembre, cette catégorie de véhicules bénéficie enfin du leasing social. Le résultat d’une longue « évangélisation » auprès des ministères, selon Guillaume Paoli, cofondateur d’Aramisauto. Et un levier indispensable à l’écomobilité. Aujourd’hui, 77% des achats de voiture par les ménages proviennent de la seconde main. En outre, depuis les débuts du conflit au Moyen-Orient, la demande en faveur des motorisations économes explose. « Pour la première fois en vingt ans, l’essence détrône le diesel. Et l’électrique s’envole de 80 %, loin devant les hybrides en hausse modérée de 7 %, observe Olivier Flavier, directeur général chez Leboncoin auto. D’habitude, le passage s’effectue de façon graduelle d’un carburant à l’autre, puis d’une version mixte rassurante à un modèle à batteries. Or depuis fin février, nous constatons une bascule directe du thermique au zéro émission ».
Encore de nombreuses hésitations
Toutefois, la transition génère encore des hésitations. « Nous enregistrons beaucoup plus de recherches que de passages à l’acte », note Olivier Flavier. Un constat partagé par Aramisauto dans son baromètre sur la mobilité des Européens. « Près de 60 % des répondants affichent l’intention d’acquérir une automobile électrifiée. Un taux qui grimpe à 70 % en Espagne. Mais il y a loin de l’idée à la concrétisation », prévient Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto.
Des freins subsistent, même si celui du prix perd en vigueur. « Avec l’arrivée de nouveautés chez les constructeurs, l’offre d’occasions a été multipliée par trois depuis 2022, tandis que les tarifs ont fondu de 30 % », remarque Olivier Flavier. Ainsi un petit modèle affichant 200 à 300 kilomètres d’autonomie débute en dessous de 10 000 euros. Les prix d’une berline compacte s’échelonnent de 15 000 à 25 000 euros. A partir de ce seuil, la plateforme dispose de premières propositions de SUV familiaux avec plus de 400 kilomètres d’autonomie.
Source d’inquiétude, l’autonomie reste citée par 73 % des sondés du baromètre Energies de la plateforme. D’autant plus quand la batterie n’est plus de toute jeunesse. Leboncoin auto comme Aramisauto produisent les SOH, des certificats sur son état de santé. « Sa capacité reste de 90 % pour des véhicules de quatre à cinq ans », rassure Olivier Flavier. « La garantie des constructeurs porte sur huit ans, ce qui laisse un large horizon », renchérit Romain Boscher. Le directeur général d’Aramis annonce par ailleurs que le pôle recherche et développement du groupe se focalise sur les moyens d’étendre cette assurance au-delà.
Un historique de mieux en mieux tracé
Dans la même veine, deux critères préoccupent les Français selon l’étude OpinionWay pour Aramisauto : la fiabilité (58%) et le coût de l’entretien (51%). « Face aux risques, nous avons introduit l’historique du véhicule. A-t-il été taxi, accidenté… ? Nous comparons le kilométrage par rapport aux annonces passées pour éviter les fraudes au compteur. Comme elles reviennent sur notre site tous les cinq ou six ans en moyenne, nous en détenons l’historique », rassérène Olivier Flavier. En complément, Leboncoin suggère la souscription d’une garantie « mécanique », élaborée avec Icard (BNP) à 150-200 euros par mois. « Les incidents surviennent dans les trois premiers mois. Au-delà, elle n’est plus nécessaire », estime Olivier Flavier.
A cet égard, le véhicule reconditionné apporte un réel réconfort. Les trois quarts des Français s’affirment familiers de ce segment et 72% le trouvent plus fiable qu’une voiture d’occasion classique. Outre les points de contrôle lors de la remise en état, Aramis propose un service « satisfait ou remboursé » (30 jours ou 1 000 kilomètres), zéro frais d’entretien pendant 1 an ou 15 000 kilomètres, ainsi qu’une garantie « panne mécanique » d’un an à kilométrage illimité. Autant de gages favorisant la transition verte.



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