Violences en France : mais où est le de Gaulle d’aujourd’hui ?
Le 19 octobre 2025, une bande de malfrats pénétrait dans la galerie Apollon du musée du Louvre et dérobait les joyaux de la Couronne. D’abord ébahie par tant d’audace, l’opinion publique éprouve vite un sentiment de colère et de honte.
Un an plus tard, le fric-frac du pays se poursuit, de Limoges à Toulouse, de Lille à Paris. L’ultragauche déploie son savoir-faire, avec le soutien à peine masqué du leader de LFI, aidée par des casseurs opportunistes. Les commerces sont visés, les mairies attaquées. Ici le buste de Marianne est renversé, là gît le beffroi de Limoges calciné. Sidérée, la France hésite entre rage et dégoût.
C’est une révolte ? Non, Sire, une faillite. Une triple faillite de l’Etat : sécuritaire, financière et politique. Comment sortir de cette impasse ? Comment quitter cette autoroute du vide, qui conduit tout droit à la victoire de Marine Le Pen? Comment en finir avec ces clichés de pillages et d’émeutes urbaines, avec la médiocrité de la classe politique, avec ces déficits publics qui étouffent l’économie ?
Ça ne vous rappelle rien ? Si, le retour du général de Gaulle en juin 1958. La France vit alors une crise d’une intensité comparable à aujourd’hui : l’Algérie encore française est au bord du putsch militaire, les caisses du pays sont vides et les gouvernements fantômes d’une IVe République agonisante se succèdent dans l’impuissance. En 200 jours, le Général de Gaulle, investi à Matignon, va réussir l’impensable. Il restaure l’autorité, remet en ordre les comptes de la Nation et donne au pays une constitution taillée sur mesure pour le plus illustre des Français. Il s’agit « du plus vaste mouvement de réformes mis en place depuis le Consulat, porté par la promulgation de 396 ordonnances entre juin 1958 et février 1959 », résument Pierre Manenti et Christophe Tardieu, auteurs de La méthode de Gaulle : un réformateur à Matignon (éd.de l’Observatoire, à paraître le 29 octobre).
Mais alors, si de Gaulle l’a fait, pourquoi ne pas utiliser en 2026 les mêmes recettes que celles appliquées en 1958 ? D’abord, parce qu’elles ont changé. « Il y a des leviers d’action sur les plans économique et financier dont on ne dispose plus, comme la dévaluation ou la création du nouveau franc », rappelle Pierre Manenti. Deuxièmement, parce que le Général de Gaulle forme à l’époque un vrai gouvernement d’union nationale, avec des personnalités compétentes et rassurantes, à l’instar d’Antoine Pinay. Les partis politiques jouent le jeu, mettant leur désaccord de côté. Et puis, surtout, il y a l’homme. Celui, qui, à 67 ans, n’a aucune intention de commencer une carrière de dictateur. « Une personnalité indiscutable, attachée à l’Histoire, qui a sauvé l’honneur de la France en 40 et qui l’a rebâtie en 1944 à la Libération », rappelle Pierre Manenti. Où est-il donc, le de Gaulle d’aujourd’hui ? « Aimez ce que jamais on ne verra deux fois », répondait, en citant Alfred de Vigny, Georgette Elgey, dans son ouvrage De Gaulle à Matignon (Fayard). Si les instruments et l’homme ont changé, la méthode, elle devrait pourtant continuer à nous inspirer.



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